24.6.09

LES PELERINS 2006 DE LAFON-ROCHET

S’il est présenté comme le second vin de Château Lafon-Rochet, quatrième Grand Cru Classé de Saint-Estèphe, « Les Pèlerins » n’en est pas moins issu du même terroir, mais de vignes un peu plus jeunes, 10 à 30 ans d’âge. Ces mêmes vignes qui donneront dans quelques années le vin du « Grand Cru Classé ».
Elevé avec le même soin et dans la même tradition que son aîné, « Les Pélerins » est peut-être plus prompt à se dévoiler. Son nom « Pèlerins » rappelle le passage des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle sur le domaine de Lafon-Rochet comme en témoigne la petite chapelle dont les fondations doivent dater du XVIème siècle. Environ 8000 caisses de cette seconde étiquette, créée en 1986, sont produites chaque année.

En 2006, la qualité est au rendez-vous.

Après une période pleine de promesses avec une floraison parfaite en juin où tous les espoirs sont permis, c’est un vent venu du nord-ouest qui calme toutes les ardeurs. Septembre, enfin, fait apparaître les premiers rayons d’un soleil tellement attendu. En 2006, c’est encore grâce à l’été indien que toute l’équipe de Lafon-Rochet a eu la chance de récolter une vendange saine, arrivée à une maturité optimum.

L’assemblage de Merlot (40%) et de Cabernet Sauvignon (60%) offre une grande complexité aromatique et un bel équilibre digne des grands millésimes. Ce vin est élevé, entre 12 et 16 mois en barriques, renouvelées pour moitié chaque année.

A Lafon-Rochet il n’y a pas de recette de vinification mais une recherche permanente visant à privilégier l’expression du terroir (graves du quaternaire sur un sous-sol argilo-calcaire) et la particularité du millésime.

Les Pèlerins de Lafon-Rochet 2006 se caractérisent par un nez fruité légèrement boisé, laissant exprimer une belle complexité d’arômes de fruits rouges. D’une belle robe pourpre aux reflets brillants grenat, la bouche se révèle complexe, ample et suave. La souplesse du milieu de bouche se prolonge en finale avec un retour fruité, croquant et intense. Un millésime d’une grande finesse qui fait de cette deuxième étiquette un bon compromis pour découvrir un joli millésime sur Saint-Estèphe.

Les Pèlerins de Lafon-Rochet sont en vente chez les bons cavistes à partir de 12,00 €.

« ROCHET », UN TERROIR D’EXCEPTION

L’origine de « Rochet » vient, bien évidemment, des « roches » composant le sol de Lafon-Rochet. Depuis des millénaires les morceaux de roches arrachées aux lointaines montagnes du Massif Central et des Pyrénées, charriées par le fleuve primordial, modelées en graves par l’érosion se sont déposées sur le socle calcaire de Saint-Estèphe, constituant un paysage aux croupes bien drainées de graves profondes. Le sol de Lafon-Rochet recouvert de graves du Quaternaire ancien (Günz), combine un mélange de quartz, silex, lydiennes volcanniques, meulières, sable et argile. La diversité de la composition de ses graves et l’excellent drainage naturel font de Lafon-Rochet un terroir d’exception. Il reflète toute la richesse et la complexité des Saint-Estèphe.

LA PASSION DES HOMMES AU SERVICE D’UN GRAND VIN

Les origines de ce domaine, l’un des plus anciens du Médoc, remontent au XVIème siècle. Le vignoble de « Rochet » appartient alors à un vaste fief de Vallée Roussillon. Mais ce n’est qu’en 1650, que le nom de Lafon s’associe à celui de Rochet, lorsque l’héritière du domaine, Antoinette de Guillemottes apporte à la terre de « Rochette » à son époux Etienne Lafon, Conseiller au Parlement de Bordeaux.

Avec la dynastie des Lafon, Lafon-Rochet traverse deux siècles d’aventure viticole. Au début du XVIIIème siècle, dans cette période que l’on surnomme « La Fureur de planter » Etienne de Lafon n’a de cesse de multiplier les achats de terre pour accroître le bien de Rochet. Ses descendants continueront sa politique de plantation et de remembrement des parcelles qui aboutiront à la naissance du Grand Cru dont l’excellence a été reconnue par le fameux classement de 1855.
Après la disparition de Madame Lafon de Camarsac en 1880, le domaine changea plusieurs fois de mains et s’endormit doucement.

Lorsqu’en 1960, Guy Tesseron, achète Lafon-Rochet, beaucoup de choses sont à reprendre. Il fallut ensuite restaurer les chais et le cuvier avant de se préoccuper du château lui-même. Il ne restait malheureusement que peu de choses des bâtiments d’autrefois à l’exception d’une petite chapelle dans le parc qui fut longtemps une étape pour des pèlerins de Compostelle.
Guy Tesseron prit le parti de tout raser et de faire construire une chartreuse de style XVIIIème purement médocain. Le cas est unique en bordelais, il est en effet le seul propriétaire du XXème siècle à entreprendre la construction d’un château.

Son fils Michel qui préside aux destinées du domaine depuis 1999 poursuit aujourd’hui son œuvre. En 2000, il choisit de repeindre les bâtiments d’un jaune vif qui souligne l’élégante silhouette de la Chartreuse. L’installation viticole est totalement transformée. Un nouveau chai à barriques est construit. De forme circulaire, ce bâtiment spectaculaire est abrité par une charpente monumentale à débord soutenue par une suite de colonnes. Autre originalité de ce chai, son taux d’Hygrométrie est régulé par un système d’eau ruisselante sur des colonnes ce qui ajoute au charme de l’endroit.